http://www.forumpourlafrance.org/spip/Les-Departements-en-faillite.html

Les effets de la crise mondiale se résorbent partout dans le monde, SAUF dans l’Union européenne – Taux de croissance à deux chiffres en Asie, de plus de 5% en Amérique 0% dans l’UE. Espagne, Grèce, Irlande, Portugal, ces Etats-membres de la zone euro sont en état de faillite, les Pays Baltes, et tous les autres pays de l’UE vont très mal. Même si la France est le pays le moins touché, grâce à certaines de ses structures mises en place depuis des siècles, selon ses besoins et le désir de ses populations : déficit budgétaire de moitié moins important que l’Allemagne par exemple, aucune banque, compagnie d’assurances en état de cessation de paiement, nos grandes entreprises beaucoup moins spéculatives que leurs concurrentes, sont toujours debout.

Néanmoins, Bruxelles et Francfort, toujours obnubilés par cette lutte obsessionnelle contre une inflation qui n’existe plus, obligent les Etats à réduire leurs déficits et leur endettementn au moment ou cela n’est pas possible.

Seulement Bruxelles et Francfort oublient, ou font semblant d’oublier, au nom de fausses doctrines dont toutes les nations se débarrassent, que dans ce monde globalisé, aucun Etat ne peut plus s’en sortir, sans recourir aux dévaluations compétitives et sans fausser les règles mises en place par l’OMC et les traités européens. La concurrence libre et non faussée, que seule la France respecte, l’entraîne à acheter dans des pays où la monnaie est sous évaluée et les salaires de misère. Bruxelles et Francfort oublient ou font semblant d’oublier, que leur monnaie unique supprime toute possibilité de créer la richesse nécessaire pour réaliser l’équilibre demandé.

En France et pour la première fois de son histoire, ce sont les collectivités territoriales qui sont, et seront, de plus en plus touchées. Les départements sont déjà et pour beaucoup d’entre eux, (15) en état de faillite et 30 en grande difficulté.

Pourquoi le département ? Parce que pour concrétiser leur rêve insensé, les européistes ont voulu supprimer cette entité territoriale, trop ancrée dans l’histoire nationale, dont elle est l’un des supports.

Pour tuer le département, il suffisait d’abord de mettre en place d’autres collectivités, dont les Français se désintéresseront obligatoirement : Régions, mais aussi, régions transfrontalières et eurodistricts qui sont subrepticement avancées afin de les insérer dans un Etat européen de type fédéral. Il suffit aussi d’imposer des charges, aux départements, sans leur distribuer les recettes correspondantes.

Alors sont imposées, les lois de décentralisation « Mauroy » concoctées par Defferre, en 1982 , puis celles de Raffarin de 2003. Les Régions sont mises en place pour caser les amis incasables et pour faire de quelques barons, des Ducs ou des Princes, et ce sont les doublons, les piétinements, les enchevêtrements, des milliers de nouveaux fonctionnaires mis en place. Mais comme il faut que le Prince soit présent à la cour, et il se fait élire aussi à l’échelon national, contre toute logique.

Car, voter le budget de la nation et celui des collectivités territoriales , fait de ces Princes, des juges et parties. Drôle de sauce, mais aussi drôle de démocratie.

Bien évidemment, pour se faire réélire à la tête d’une collectivité territoriales, il faut distribuer, et c’est l’ augmentation en pleine crise des dépenses (+ 6%) alors que le taux de croissance est quasiment nul.

Et puis, il y a l’Etat qui se décharge de plus en plus des secteurs encombrants : Personnes âgées, chômage, les personnes les plus démunies, handicapés, aides aux familles, à l’enfance, à l’insertion, la prévention sanitaire, puis ont été ajoutés l’APA, le RSA, etc, 60% des budgets des départements sont dévorés par le social. 1984, l’Etat rend le département responsable du transport routier non urbain des personnes, 2004, il le charge d’administrer 17 000 kms supplémentaires de routes nationales, et de gérer le personnel de l’équipement. 2005, administration des cours d’eau, puis construction et réparation des collèges et gestion du personnel des collèges non enseignants, etc.. Contre ces dépenses, supplémentaires, l’Etat doit mettre la main à la poche. Mais un seul exemple donne la mesure du problème ; sur 11,8 milliards d’allocations versées en 2008 par les départements, l’Etat n’a remboursé que 7,6 milliards. Autre facteur aggravant, les emprunts toxiques (pas de taux fixes) Comment peut-on laisser les Princes négocier des emprunts, sans avoir reçu au préalable une formation ou le feu vert d’hommes de l’art ?

Comment les départements vont-ils faire pour remonter la pente, alors que la prochaine réforme des finances locales, ne leur permettra de décider que du taux de la taxe du foncier bâti et que l’Etat n’a plus un sou ? Il faudra supprimer un échelon dans le mille feuilles des collectivités et ce sera le département, puis ensuite, les petites communes, puis les ceci et les cela. Seuls Bruxelles et Francfort administreront les collectivités territoriales. Alors, il est temps de réagir, notre commission « collectivités territoriales » doit sortir son rapport qui est attendu.

Petite idée pour les recettes : Empêcher toutes les entreprises qui vendent en France via internet de déclarer leurs revenus dans des pays à fiscalité accommodante ! Une entreprise connue, qui réalise un CA de 930 millions, n’en déclare chez nous que 25, le reste est déclaré au Luxembourg ou la TVA sur les services immatériels est moins élevée que chez nous.

Henri Fouquereau, Secrétaire Général du Forum Pour la France