Réponses de Dominique LAPORTE aux questions de trois jeunes adhérents de Debout La République et membres de Debout les Jeunes.

Anthony : Parlons gaullisme, puisque nous sommes à quelques jours du 70ème anniversaire de l’appel du 18 Juin. Il y a quelques jours sur RTL, Jean-Michel Apathie a expliqué qu’il ne restait plus rien du gaullisme, que c’était juste un souvenir à ranger dans le placard avec les autres souvenirs de l’Histoire de France. Qu’en penses-tu ?

Je pense que c’est probablement le souhait le plus cher de Monsieur Apathie, lui qui s’engagea dans les rangs du Parti Socialiste, derrière François Mitterrand. Mais ce n’est pas la réalité.

Bien sûr si on veut confiner le gaullisme, si on veut en faire un dogme sur tous les sujets et dans tous les domaines, on le chloroformera et ce ne sera qu’une belle et grande page de notre Histoire qu’on relira pour s’occuper les soirs où le téléviseur sera en panne.

Il est une autre attitude tout aussi dangereuse mais bien commode pour des politiciens : c’est de ramener le gaullisme à un simple pragmatisme, autorisant toutes les fluctuations et arrangements au gré des circonstances.

Le gaullisme n’a jamais été ni une idéologie, ni une simple attitude opportuniste. C’est le refus de voir la France disparaître, de voir la France muette, bâillonnée, et simple spectatrice d’une Histoire qui se ferait sans elle et par conséquent sans nous, sans le peuple Français. Tous les Apathie de France et de Navarre et les principaux ténors politiques ont été traumatisés par le NON du 29 Mai 2005. Ils étaient persuadés que la France était finie et que leur Europe qui dicte tout, qui décide de tout à la place des peuples était irréversible. Mais le 29 Mai, comme l’a fait de Gaulle le 18 Juin, les Français se sont rebellés et ont refusé que la France soit vassalisée. Ces européistes savent qu’au fond de chaque Français, il y a du gaullisme qui sommeille et qui est prêt à resurgir si on touche à l’essentiel. Ces européistes ne veulent plus de 29 Mai, ils ne veulent même plus de 18 Juin. Au fond, c’est la France qu’ils veulent mettre dans un tiroir. Et bien, pour nous, le Gaullisme c’est croire à la France jusqu’au bout. C’est refuser l’abandon et le renoncement. C’est croire que la France a un avenir et que selon sa vocation séculaire, elle peut réaliser de grandes choses si son peuple est rassemblé sur de grands projets. C’est vouloir une France forte, en capacité de participer au progrès de la condition des hommes. La justice sociale n’est pas l’apanage de la gauche et c’est justement tout l’intérêt du gaullisme que de réunir à la fois l’efficacité économique et le progrès pour tous, l’indépendance nationale et l’ouverture aux autres nations, l’autorité de l’Etat et la liberté.

Et c’est pour cela qu’aujourd’hui nous résistons aux forces financières, politiques et intellectuelles qui ont décidé que la France avait assez duré et que leurs intérêts étaient mieux servis par Bruxelles.

Et comme de Gaulle, nous finirons par avoir raison, si nous savons nous réunir et si nous savons nous mobiliser.

Non, le gaullisme n’est pas dans un tiroir et compte tenu de la tournure des évènements, qui ne voit que cet élan, cette volonté et cette espérance seront indispensables à la renaissance de la France et de son rôle dans le monde ?

Anthony : Continuons sur le gaullisme et Monsieur Apathie qui a expliqué que le gaullisme, c’est le recours à un Homme providentiel qui n’est plus une solution dans une démocratie apaisée. De surcroit, il ajoute que nous avons remplacé notre idéal de puissance nationale par un projet plus grandiose : l’Union Européenne. Quel est ton avis ?

D’abord, une remarque. Nous ne sommes pas dans une démocratie apaisée, nous sommes dans une démocratie asphyxiée, confisquée par les partis qui se partagent le pouvoir et décident par dessus, voire contre la volonté populaire, comme ils l’ont fait en votant le Traité de Lisbonne.

Ensuite il semble exact, a priori, que nous n’avons plus d’Homme providentiel. Mais, est-ce que le 17 Juin 1940 les Français pensaient en avoir un ? Et même le 19 Juin ? C’est parce que de Gaulle, alors que tout semblait perdu et que la plupart des élites couraient à Vichy, a prophétisé la victoire de la France et que le 8 mai 1945 la France était à la table des vainqueurs que de Gaulle a été reconnu comme le Libérateur et est devenu l’Homme providentiel ! Monsieur Apathie a cependant raison sur un point : je ne suis pas sûr que le projet d’Union Européenne soit grandiose mais ce qui est certain c’est qu’on a réussi à détruire la puissance française !

Enfin, le gaullisme peut exister sans Homme providentiel. Il a besoin d’hommes de conviction, habités par le devenir de la France et l’intérêt général. Il est clair que Nicolas Dupont-Aignan est de ceux-là. Et (pauvre Monsieur Apathie !) si les circonstances s’y prêtent, si l’Europe de Bruxelles continue dans sa voie d’étouffement des nations et d’appauvrissement des peuples, si l’euro un jour où l’autre explose en plein vol, alors les Français se rendront compte que le Président de Debout La République qui avait eu le courage de rompre avec la classe politique, avait eu aussi raison avant et malgré tous les autres. Et qu’il mérite leur confiance.

Jean-René : Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer en politique et qu’est-ce qui te donne envie de continuer ?

Je ne me suis jamais « lancé en politique », je laisse à d’autres le soin de « faire de la politique » et les amateurs ne manquent pas. J’ai épousé une cause et parce que j’estime qu’elle en vaut la peine, je me bats pour elle. C’est différent. J’étais assez jeune en 1965, quand eut lieu la première élection présidentielle au suffrage universel et je fus, il faut dire le mot, fasciné par le Général de Gaulle. J’avais 13 ans et très honnêtement, je n’avais pas une conscience politique très aiguisée. Je dirais que j’étais davantage fasciné par le personnage que par ses idées que je ne connaissais pas trop. Mon engagement date de Mai 1968, ou là, non seulement mon attachement pour la personne de de Gaulle demeurait indéfectible, mais où j’ai choisi mon camp, je veux dire sur le plan des idées. J’ai adhéré à l’Union des Jeunes pour le Progrès (Mouvement des jeunes gaullistes de l’époque) dont je suis devenu le responsable dans le département où j’habitais alors. Je me suis donc engagé fortement pour soutenir de Gaulle et défendre sa politique et pour m’opposer à toute la clique socialo-gauchiste qui voulait faire la révolution et que l’on retrouve maintenant dans toutes les bonnes places confortables des ministères ou de l’Administration.

Après l’échec de Chaban en 1974, j’ai fait une longue pause car, de mon point de vue, aucun parti ni responsable politique défendaient les valeurs auxquelles je croyais.

Puis vint 2005, le combat pour le NON au projet de constitution européenne et l’arrivée de Nicolas Dupont-Aignan sur la scène politique. Pour la première fois depuis vingt ans, je voyais un homme politique jeune reprendre, avec les mots qui étaient les siens et une personnalité qui était la sienne, les grandes idées gaullistes. Ce n’était ni de la singerie, ni de l’imitation et il ne prétendait pas que l’on pouvait tout régler selon les méthodes du Général. J’ai compris que les idées gaullistes pouvaient renaître sans qu’il soit besoin d’accrocher des effigies du Général de Gaulle derrière soi, ni qu’il soit nécessaire de se référer au grand homme toutes les deux phrases. Dupont-Aignan est de son époque, son vocabulaire est contemporain, son caractère est ouvert à la modernité, sa pensée est libérée de contraintes que les gaullistes de ma génération s’étaient imposées, tout en étant imprégnée de l’idée nationale et pour moi c’est cela incarner le gaullisme du XXIème siècle de même que l’espoir national et républicain auquel les partis ont tourné le dos.

Je pense que de nombreux jeunes partagent nos idées et peuvent être intéressés par le combat de Nicolas Dupont-Aignan. Il faut que Debout les Jeunes soit plus visible pour attirer ceux qui se sentent aujourd’hui isolés. Votre génération est l’avenir de nos idées et de la France.

Jean-René : Quelle est la plus grande force de Nicolas Dupont-Aignan ?

Pour être en ligne avec sa conviction que seul l’intérêt de la France compte, il a rompu avec sa caste (les élites de l’ENA, l’UMP…) au risque de briser un avenir politique prometteur. Le moment venu, les Français reconnaitront qu’il est le seul à ne pas s’être compromis avec ceux qui ont abdiqué.

Alexandre : Je me demande comment Debout La République pourra faire évoluer les banlieues avec son flot de chômage, d’islamisme, de mafia, de communautarisme. Que peux- tu me répondre ?

Alexandre, le problème que tu soulèves, c’est en fait celui de l’immigration. De tout temps il a été difficile d’intégrer des populations étrangères, y compris de pays très voisins qui ont la même culture de base. Les Polonais ou les Italiens qui se sont installés en France le savent, ils n’ont pas toujours été accueillis les bras ouverts. Forts de cette expérience, nos dirigeants auraient pu se douter que l’arrivée massive de personnes venant de Pays ou la civilisation est très différente de la nôtre poserait quelques problèmes. Il n’en a rien été, et les bons sentiments l’ont emporté sur la réalité. Ainsi en a t’il été de la politique du rapprochement familial décrétée par Jacques Chirac et des régularisations massives de la gauche au pouvoir. La lâcheté d’une partie de nos hommes politiques et l’hypocrisie des autres, la suppression du service national et enfin la disparition de nos frontières ont fait le reste.

Aujourd’hui, le problème est entier et il est immense.

De mon point de vue, il faut agir dans quatre directions complémentaires.

1- Arrêter l’immigration massive. Concrètement, il s’agit de dissuader en suspendant les mesures aspirantes notamment par la suspension du regroupement familial pendant 3 à 5 ans et par la mise en place d’une période de carence de 2 à 3 ans pour ce qui concerne le bénéfice des avantages sociaux, à chaque nouvel arrivant. Enfin, être ferme sur le principe de reconduite aux frontières des personnes en situation irrégulière.

2- Investir massivement dans le logement et l’éducation, cette dernière étant la seule solution pour « assimiler » et enrayer le chômage.

3- Etre sans concession sur le respect de l’autorité, ce qui passe par le renforcement des forces de police dans les quartiers difficiles et l’exécution réelle et complète des peines.

4 – Appliquer sans dérogation les principes de l’égalité républicaine (les droits et les devoirs) et de la laïcité.

I l faut être clair : ce n’est pas à la France d’adapter ses mœurs et ses lois à ceux qui viennent d’ailleurs, c’est à eux de les respecter et de les ADOPTER s’ils veulent rester en France ou devenir Français.

Alexandre : Les déficits s’accumulent, la dette explose, l’Europe est dans une terrible crise financière. DLR demande la sortie de l’euro mais est-ce suffisant pour soustraire notre pays de ce carcan européen ?

Il faut dire les choses comme elles sont : les déficits et la dette sont de la responsabilité de ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans, y compris le gouvernement actuel, et qui ont tous fait preuve d’irresponsabilité et d’incompétence. Et par là-dessus, l’Europe qui était sensée nous protéger a, au contraire, aggravé la situation grâce à son idéologie ultra libérale interdisant tout protectionnisme et toute politique de soutien à notre économie, et par un euro fort qui a handicapé lourdement nos exportations et fait barrage à toute croissance.

Sortir de l’euro et retrouver notre monnaie nationale seraient un événement considérable car cela nous permettrait de mener une politique monétaire adaptée aux besoins de notre économie et de redonner de la compétitivité à nos entreprises et par conséquent sortir de ce cancer qu’est le chômage de masse. L’horizon s’éclaircirait immédiatement, car un retour à la croissance et à l’emploi résoudrait en grande partie nos problèmes de déficits sociaux. Si la quasi totalité du monde politique s’y oppose contre le souhait d’une majorité de nos concitoyens c’est d’une part par le manque de courage qui le caractérise depuis des décennies et aussi parce que ce monde politique reconnaitrait par là-même que ça fait des années qu’il se trompe et qu’il trompe les Français. Pourtant, il faudra bien s’y résoudre et il vaudrait mieux faire une sortie volontaire de l’euro plutôt que ce soit l’euro qui nous quitte.

Mais tu as raison. Cela ne suffit pas et c’est toute la conception de l’Europe qu’il faut reconsidérer et toute son architecture qu’il faut revoir. Et là encore la classe politique est quasi unanime pour ne pas accepter cette déchirante révision. Cependant, l’Europe intégrée qui ressemble de plus en plus au défunt empire soviétique, (on parle de supprimer le droit de vote aux Etats qui n’obtempèreraient pas aux diktats de Mme Merkel !) est un véritable étouffoir et tout cela peut très mal se terminer car le couvercle de la marmite peut finir par exploser.

Il faut en revenir purement et simplement à une coopération entre Etats souverains dans certains domaines stratégiques scientifiques et industriels.

Je parlais de Résistance en évoquant le gaullisme, mais aujourd’hui nous sommes en résistance : la Nation contre l’Empire, la liberté contre la contrainte, notre avenir ou notre disparition.

Les Françaises et les Français sont très nombreux à l’avoir compris. Alors, qu’ils aient le courage de se rassembler et de mener ce combat avec nous.

Jean-René : Quand on dit « La France », qu’est-ce que cela t’inspire ?

Quand la France est la France, le monde est meilleur.