Je vous parlais l’autrefois de l’agression de la comédienne Rayhana, agressée par des intégristes en se rendant à son propre spectacle au théâtre de « La Maison des Métallos », eh bien la situation n’est pas retombée depuis : Diam’s, rappeuse convertie à la religion musulmane depuis 2006 faisait la une de Voici du Samedi 30 Janvier pour son apparition voilée au Bataclan lors du Concert de Soutien à Haiti.

Celle-ci n’a plus rien avoir avec la Diam’s d’autrefois : celle de la colère sociale, qu’on l’ait ou pas approuvée jusqu’alors. C’est désormais une Diam’s manipulée, sorte de Brigitte Bardot des quartiers populaires, non pas pour la beauté mais pour une certaine similitude du parcours : elle aussi défendant une cause et elle aussi récupérée par des extrémistes. Il y avait la Diam’s d’autrefois, tête nue, nombril à l’air mais « vivante » et « l’ombre d’aujourd’hui », qui est devenu le fer de lance des défenseurs de la Burqa et de la femme voilée en France. Celle-ci n’hésite par exemple plus à traiter Fadela Amara dans sa nouvelle chanson « Peter Pan » de « Vieille Sorcière ».Comme le rappelait Lionnel Luca dans Nice Matin : « Si certaines disent être libres et volontaires de la porter, les adeptes des sectes disent eux aussi y être de leur plein gré ! »

Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres affaires sont venues se greffer à ce débat national qui devient de plus en plus passionné : l’Imam de Drancy, Hassen Chalgoumi a été agressé verbalement et banni de sa propre mosquée par des fanatiques vendredi. Connu pour ses prises de paroles contre la burqa : « Cette prison des femmes, cet outil sexiste de domination. » et pour le rapprochement avec le peuple juif, il s’est fait traiter de « Mécréant apostolat, imam des juifs, esclave de la cause sioniste et de Sarkozy » avant de se faire sortir et interdire de mosquée.

Et le FN a pertinemment comprit qu’il avait désormais mieux à faire avec ses nouveaux amis Dieudonné, Soral et Yahia Gouasmi : le Président du Parti Antisémite en refusant toute loi contre la burqa. A son théâtre de la Main d’Or, Dieudonné lors de ses spectacles a d’ailleurs désormais l’habitude de faire salle comble grâce à son public hétéroclite : militants du FN, skinheads, islamistes, négationnistes et xénophobes noirs. Quand les extrêmes se rencontrent… et s’apprécient…