Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, ex-RPR et ex-UMP tendance gaulliste, se dit « bouleversé » par la mort de Philippe Séguin, qui « aurait été un extraordinaire Président ».

En tant que gaulliste, comment réagissez-vous à la disparition de Philippe Séguin ?

Je suis bouleversé, parce que je l’aimais beaucoup. C’est une perte énorme pour la vie politique française. Mais c’était une perte avant sa mort. Aujourd’hui tout le monde l’encense, alors qu’il fut bien abandonné par les uns et les autres. Car il était trop grand pour la vie politique de notre pays. Il était attaché à l’essentiel : la Nation, l’Etat. Il détestait le showbiz, écrivait ses discours lui-même. Il n’acceptait aucun compromis. Tout le contraire d’un politicien.

Aurait-il pu être un bon Président de la République ?

Il aurait été un extraordinaire Président de la République pour une période de grande crise. Il est arrivé trop tard ou trop tôt. Il aurait été formidable pour redresser la France d’aujourd’hui.

Vous souvenez-vous d’une anecdote à son sujet ?

Je le connaissais très bien. Il était d’une honnêteté totale. Au RPR, quand il en fut le Président (de 1997 à 99), je me souviens lui dire « allez-y, vous êtes le Patron ». Il me répond : « Je suis comme un instituteur, je dois prendre en compte tous les courants, je ne peux pas imposer ma vue ». Il avait un cœur d’or et un caractère un peu éprouvant en même temps. Je pense qu’il souffrait beaucoup de ne pas pouvoir être plus utile, depuis qu’il était à la Cour des comptes. Il rongeait son frein quand même.