L’histoire personnelle de Philippe Seguin explique probablement, pour une bonne part, l’homme d’Etat qu’il fut : un bloc de granit tant par son physique que dans ses convictions, avec une fêlure indicible au fond de son Etre.

Orphelin, à l’âge d’ un an, de son père mort pour la France et dont il reçut la médaille militaire à l’âge de six ans, Philippe Séguin était habité par l’amour de la France. Eduqué par une mère institutrice, il fut imprégné des principes de la République. Contraint de quitter sa Tunisie natale au moment de l’indépendance, il eut à vivre dans des conditions modestes en revenant en Métropole.

Forgé par ces épreuves, nourri d’une culture qu’il acquit par de brillantes études, doté d’une intelligence vive et d’un sacré caractère, l’homme public qu’il devint se retrouva immédiatement dans ce qu’incarnait pour lui le Général de Gaulle : la Nation, la République, le Peuple.

Il ne s’éloigna jamais de ces ancrages politiques et n’hésita jamais à aller à contre-courant de son parti, quelquefois bien seul, quand celui-ci s’en départit.

Ainsi, pour nous, il acquit une légitimité, une admiration et un attachement particulier quand il fut le héraut courageux du combat contre le Traité de Maastricht, premier acte meurtrier contre la souveraineté nationale.

Dans le concert de louanges dont il est aujourd’hui l’objet de la part de tous les ténors de la politique et dont l’hypocrisie n’est pas absente, nous voulons simplement être la petite voix sincère des obscurs et des sans grades qui ressentent douloureusement son départ, parce que, pour eux, il a été celui qui a incarné leur espoir : celui de ne pas accepter que notre société se dissolve, que les principes de la République soient bafoués et que la France disparaisse.

Dominique LAPORTE Secrétaire départemental.